
Improvisateur, compositeur, producteur... Roscius est un artiste à part, un explorateur sonore qui transforme chaque concert en véritable voyage. Formé au Conservatoire, nourri de musiques du monde et d’impro techno organique, ce multi-instrumentiste globe- trotter fait vibrer aussi bien les musées que les festivals les plus pointus.
Improvisateur, compositeur, producteur... Roscius est un artiste à part, un explorateur sonore qui transforme chaque concert en véritable voyage. Formé au Conservatoire, nourri de musiques du monde et d’impro techno organique, ce multi-instrumentiste globe- trotter fait vibrer aussi bien les musées que les festivals les plus pointus.

C’est à We Love Green que l’artiste rencontre l’équipe de Morex. Un coup de cœur réciproque qui donne naissance à une date exclusive : un concert live intimiste le 12 avril chez Morex Custom House. En attendant de vivre cette expérience unique, on en a profité pour lui poser quelques questions.
Salut Roscius ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Hello ! On peut dire que je suis un artiste percussionniste, un compositeur un peu maladroit, un producteur qui préfère les chemins de traverse, un explorateur sonore naïf en quête de mélanges improbables, et un expérimentateur de concepts un peu niches. Je suis aussi un voyageur curieux, un touriste respectueux… bref, j’aime découvrir, vivre et comprendre des cultures différentes pour ensuite les infuser dans ma musique.
Je viens du Sud-Ouest – entre Pyrénées Atlantiques, Landes et Pays Basque – donc le mélange est littéralement inscrit dans mes gènes. J’ai passé 13 belles années à Londres, au Royaume-Uni, et aujourd’hui, j’ai posé mes valises (et mon studio) en Haute-Provence, où je compose principalement pour le cinéma, les séries et les documentaires.
D’où vient ce nom de scène, Roscius ?
Roscius, c’était un esclave sous l’empereur Cicéron (avant J.-C), et aussi acteur/improvisateur de théâtre. Tous les acteurs, à cette époque, étaient esclaves. Mais Roscius, lui, était tellement bon en impro que l’empereur lui a offert la citoyenneté. Il est ainsi devenu le premier acteur reconnu de l’histoire, grâce à son art de l’improvisation.
Je lui ai volé ce nom, parce que j’adore l’idée de se libérer des chaînes et des codes, de pouvoir protester, créer, s’exprimer librement, devenir meilleur et être respecté grâce à son art — pas en fonction de notre statut, ni d’où on est né, riche ou pauvre — mais uniquement grâce au travail, au mérite, aux risques qu’on prend, notamment artistiques.

Tu as un parcours assez singulier entre musique classique, musiques électroniques et sonorités du monde entier. Comment s’est construite ton identité musicale ?
La première expérience que j’ai eue tout petit, c’était le mercredi, avec une association musicale basée sur l’écoute. On jouait sur des structures/sculptures sonores contemporaines appelées Baschet. Il y avait des ressorts en métal, des cubes en bois, et un Cristal Baschet, et on faisait des bruits, du son… c’était incroyable.
Puis je suis allé en Malaisie et en Indonésie découvrir et faire du Gamelan. Et ensuite, j’ai tout essayé, tout commencé, et rien fini : le jazz au piano, la percussion classique et contemporaine, la chorale (ma mère était cheffe de chœur) et le rock.
Mon père écoutait Léo Ferré et Astrud Gilberto (Brésil), ma sœur Stevie Wonder, Nina Simone et Daft Punk, ma mère de la musique bulgare, pygmée… bref, c’était vraiment large et éclectique comme géographie musicale pour un enfant.
Et aujourd’hui, je continue de m’intéresser à tout, et je tente des mélanges.
Tu joues sur scène uniquement en live, sans électronique ni machines, avec des instruments collectés pendant tes voyages. Comment tu prépares un set ? Quelle place tu laisses à l’improvisation ?
Je me base sur un looper/sampler, qui me permet de mettre en boucle ce que je joue, sur différentes phrases – comme s’il y avait d’autres musiciens avec moi. J’ai une idée musicale, que ce soit un rythme, un kick que je joue sur une calebasse (fruit sec d’Afrique), que j’enregistre en live. Une fois que ça tourne, je peux penser à autre chose : je rajoute une mélodie au balafon, ou une ligne de basse, etc. Je les enregistre aussi, et pendant que ça tourne en boucle, je peux effacer le premier rythme et en créer un nouveau.
C’est un peu comme un DJ qui mixe deux tracks, sauf que moi, j’en ai six en même temps, et je joue tout en live devant le public.
Donc oui, il y a énormément d’improvisation. Ma musique peut m’emmener dans des directions complètement différentes. J’adore les accidents, l’inattendu, les erreurs quand je joue : ça me permet d’embrayer sur une nouvelle idée. Et quand le public est très chaud, qu’il danse, je récupère cette énergie et ça m’emmène vers quelque chose d’encore plus proche de la techno ou de la house, parfois même de la bass music, du dubstep, de la drum & bass ou encore du UK garage.
C’est toujours unique : selon le lieu, les gens, l’heure qu’il est… C’est vraiment un échange.
Tu as joué dans des lieux assez fous : musées, galeries, festivals... Qu’est-ce qui te plaît dans ces formats un peu hors-normes ?
L’acoustique d’abord, et le public. Chaque endroit, chaque personne, a une énergie différente, et les combinaisons sont infinies.
Au musée, je peux prendre le temps de faire quelque chose de très lent, beau, planant, en m’inspirant des œuvres d’art autour. Je sens que les gens sont attentifs, curieux.
En festival, je peux partir dans des choses ultra puissantes, simples, transcendantes, parce qu’il y a cette euphorie… mais ça peut très bien être l’inverse. Une fois, j’ai joué dans une bibliothèque à Yekaterinburg, en Russie (côté Kazakhstan) : c’est parti en mode rave. Une autre fois, à Beyrouth, au Liban, j’ai joué dans le garage d’un mécanicien… et j’ai samplé des outils !
C’est ça que j’aime dans ce projet : l’inconnu, et la liberté.
On sait que tu es passé par des festivals comme Glastonbury, We Love Green ou encore Amsterdam Dance Event... Quel est ton meilleur souvenir de scène ?
New York, c’était complètement fou : je jouais avec de la réalité virtuelle augmentée, accompagné d’un danseur. À Tokyo, j’ai fait venir une chanteuse qui faisait des sons de glotte, dans un club techno, à 3h du matin.
Mais Beyrouth… définitivement mes meilleurs souvenirs live, et aussi les plus belles rencontres humaines. Une fête joyeuse, urgente, intense.
Et puis Hong Kong aussi : jouer devant 5 000 personnes en train de danser… difficile de choisir en vrai, haha.

Justement, c’est à We Love Green que tu as rencontré l’équipe de Morex. Tu nous racontes cette rencontre ?
C’était assez dingue. J’étais parti en mode afro techno, et après mon set, j’ai reçu une notification avec des vidéos et un post du style : « Wow, checkez ce mec en live, c’est incroyable ».
On est entré en contact via Facebook, je crois. On s’est revus plusieurs fois ensuite, et ils m’ont invité à venir mixer chez eux à plusieurs reprises, notamment grâce à BIMBAU, avec qui je bosse sur des collaborations.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de collaborer avec eux ?
Je crois que la team de Morex fait partie des gens les plus gentils, ouverts et motivés que je connaisse. Ça faisait longtemps qu’on parlait de faire un live ensemble, et on a finalement décidé d’organiser cet événement en mode boiler room – c’est-à-dire au milieu du public – pour créer une vraie intimité, une vraie proximité.
C’est hyper motivant, et le public sera littéralement au plus près des percussions !
Le 12 avril, tu joueras un live exclusif chez Morex Custom House. À quoi peut s’attendre le public ?
Je jouerai des thèmes de mon nouvel album, NO FALA B, donc il y aura du Brésil, de l’afro, des percussions dans tous les sens… et ça va danser, avec les yeux écarquillés et les oreilles bien ouvertes.
Un son, un instrument ou une énergie que tu aimerais partager ce soir-là en particulier ?
Le balafon, c’est vraiment mon coup de cœur depuis trois ans. C’est un instrument fabriqué à la main au Burkina Faso, par des gars qui ont rassemblé quatre instruments traditionnels pour en créer un gros et complet.
C’est une sorte de xylophone marimba, mais plus sec, avec du bois séché. Je l’utilise pour jouer la plupart de mes mélodies, de mes harmonies, et même mes lignes de basse. Je l’ai sonorisé moi-même et customisé : franchement, ça vaut le coup de venir le voir !
Et pour finir, un artiste ou une source d’inspiration qui t’influence en ce moment ?
Les danseurs, sans hésiter. J’ai récemment collaboré avec Nicholas Isaiah King Rose (États-Unis), Marie Louise Hertog (Allemagne) et Tara Jerome (Royaume-Uni) pour des clips. La danse, c’est sans doute ce qui m’inspire le plus : le mouvement, le lâcher-prise, cette manière instinctive de raconter sans mots.
Et puis, après des heures passées à scroller, je crois qu’on en a tous besoin : voir des corps en mouvement, danser, s’oublier, sortir de ce qu’on connaît par cœur, oser quelque chose de nouveau, d’un peu fou… être simplement là, pleinement, dans l’instant.
La spontanéité, c’est ce qui crée la magie. Et au fond, c’est peut-être la seule chose véritable. C’est ça qui me touche, et qui m’anime.

Rendez-vous le 12 avril chez Morex Custom House pour une performance unique et immersive signée Roscius.
Un live organique, inspiré, sans filet — comme une respiration musicale hors du temps.
À ne surtout pas manquer.
Roscius live @ Morex Custom House
Un live envoûtant dans notre maison à Rennes.
Food, friends & frequencies.