
ROLLER
Nicolas Auroux
Nicolas Auroux fait du roller depuis qu'il est enfant, et trente ans plus tard, c'est devenu son métier. Pro rider depuis 15 ans en compétition internationale, il porte aujourd'hui son propre pro model, vendu dans le monde entier. Il a grandi à Narbonne, où il a construit son style loin des codes classiques, avant de devenir une référence reconnue dans tout le milieu, entre masterclass, jury de compétitions et collaboration avec le Fise.
Sa passion pour la glisse ne s'arrête pas aux roues : depuis vingt ans, Nicolas roule aussi à moto, et c'est aujourd'hui sur sa Harley qu'il vit son quotidien. Moto, surf, sports urbains : c'est tout naturellement que son lifestyle a rencontré celui de Morex. À travers cette interview, il revient sur son parcours, sa vision du roller, et ce qui l'a poussé à rejoindre la team ambassadeurs.
InstagramParcours & origine
Comment tu as découvert le roller, et à quel moment tu as su que tu allais en faire quelque chose de sérieux ?
Tout est parti d'une boîte de céréales, avec une compétition de X Games dessus. Ça m'a tout de suite donné envie, j'ai demandé une paire de rollers à ma grand-mère, qui me les a achetés. Patiner, c'était inné chez moi, je n'ai jamais eu de temps d'adaptation.
Si j'ai pu aller aussi loin, c'est surtout grâce au soutien de ma famille. Ma grand-mère, qui m'a mis sur des patins, ma mère qui est chorégraphe et qui comprenait ce truc artistique en moi : personne ne m'a jamais mis de freins. Le seul deal, c'était d'être sérieux et assidu à l'école. Mes devoirs, par contre, c'était une autre histoire : dès que les cours étaient finis, c'était roller. Ce soutien allait jusque dans les détails. Pendant que les autres élèves de ma classe partaient à la piscine ou en activités scolaires, ma mère, elle, s'était arrangée avec le directeur pour que je puisse aller au skatepark à la place.
Le roller a une culture très forte, des codes, une scène. Comment tu t'es intégré dans cet univers ?
C'est un milieu underground, avec une identité forte, et très vite je l'ai porté sur moi : toujours en vêtements de roller, en oversize. Petit déjà, j'avais ce style décalé, loin des marques trendy, et ça me différenciait clairement des autres enfants de mon âge.
J'ai grandi à Narbonne, une ville qui n'a pourtant rien d'une place forte du roller, et c'est là que j'ai fait mes armes. J'ai vu le skatepark de la ville rasé puis reconstruit, et j'ai été de ceux qui ont poussé pour son développement. Avec les années et les résultats, ma place dans le milieu a changé : aujourd'hui je donne des masterclass, je juge des compétitions, je suis prestataire pour le Fise. Mon œil street, justement parce que je viens de là et pas d'un cursus classique, apporte un regard différent dans ce milieu, dans le jugement comme dans la transmission.

La pratique
Comment tu décrirais ton style de ride, ce qui te définit sur les roues ?
Félin, instinctif. C'est ancré en moi, je transpire ma passion, ça reflète vraiment mon âme. C'est brut, pas réfléchi, c'est une retranscription directe de mes émotions. Quand je vais bien, je rayonne. Quand je vais mal, je vais foirer.
Il y a ce point de non-retour, quand tu prends une décision, où tu ne sais pas exactement à quoi t'attendre. C'est euphorique, ça met le temps en suspension : te jeter dans l'inconnu, en ayant pesé ce qui peut arriver, la réussite comme l'échec.
C'est quoi une session parfaite pour toi ?
Passer un bon moment avec des amis, et garder ce plaisir intact même après 30 ans. C'est la consistance qui te fait durer dans le temps. Apprendre encore et encore quand c'est possible, rentrer avec de bonnes courbatures, et être fier de soi.
Tu te souviens d'une figure ou d'un spot qui t'a vraiment résisté ?
L'année dernière, je tournais une vidéo pour Razor, la marque qui me sponsorise. J'avais le best trick en tête, je savais exactement où et comment, mais j'étais bloqué psychologiquement. J'ai été voir le spot plusieurs fois sur un mois, ce trick me hantait, j'y pensais même le soir.
J'y suis allé dix jours avant de devoir rendre la vidéo. Une dizaine d'essais, et je l'ai fait. J'avais tellement projeté la chose dans ma tête qu'au final j'étais hyper prêt, mais il a fallu tout ce temps de travail psychologique en amont, face à moi-même.

Mindset & Quotidien
Qu'est-ce qui nourrit ta créativité et ton énergie au quotidien ?
Le roller m'a donné la persévérance, le dépassement de soi, une vraie ouverture sur le monde à force de voyager. C'est un sport d'art pour moi, relié à la danse, à la musique, à l'architecture. Quand j'arrive dans une ville que je ne connais pas, mes rollers, c'est ma monnaie d'échange, mon super pouvoir : je la vois sous un angle différent, je vais dans des endroits où personne ne va. Une vraie liberté, juste toi et toi même.
Je suis plus dans l'esthétique et le chorégraphique que dans la performance pure, un peu comme Anatole et son flat. C'est un milieu très urbain à la base, et j'ai envie de casser ce cadre pour amener des contenus plus qualitatifs.
Comment tu gères les blessures, les phases où ça ne tourne pas comme tu voudrais ?
Ça fait partie du jeu, à un moment ou un autre, le corps parle. Là par exemple j'ai une douleur au genou, j'attends une IRM pour voir. Dans ces moments-là, je respecte ce que le corps demande : bonne alimentation, hydratation, sommeil.
Ce sont des choses qu'on ne se posait pas avant comme questions, aujourd'hui on y fait attention, c'est un sport qui se professionnalise, et ça se voit dans la longévité des pratiquants. La remise en question, ça permet de revenir plus fort.

Projet & vision
Où tu en es dans ta pratique en ce moment, et c'est quoi la suite ?
À court terme, je veux reprendre les entraînements avec l'équipe de France et aider les jeunes espoirs. Côté perso, je tourne une nouvelle vidéo dans la rue, un projet étalé sur l'année complète, qui sera présenté au Winter Clash, le showroom du roller. Le tournage démarre en juillet à Marseille, puis ça continue sur Paris, Amsterdam et Barcelone jusqu'à la fin de l'année.
À plus long terme, en fin de carrière, j'aimerais transmettre tout ce que j'ai appris : apporter mon soutien à la Fédération française de roller, sur des stages de perfectionnement par exemple. Je passe aussi un CAP mécanique moto en candidat libre, avec l'idée d'ouvrir un jour un garage pour faire du custom moto.

Lien avec Morex
Qu'est-ce qui t'a parlé dans l'univers Morex, et pourquoi tu as accepté de rejoindre la team ambassadeurs ?
Pour moi, c'était une évidence. Je connais Morex depuis un moment, j'avais croisé Kenny au Wheels & Waves en 2017 pour une démo de roller, et j'avais découvert la marque aussi par Quentin Morien, avec qui je ride. Je cherchais justement à sortir mon image du roller pur pour me rapprocher de l'univers moto, et ce que vous faisiez correspondait totalement à mon style, à mon lifestyle : moto, surf, sports urbains. Alan et Kevin faisaient du roller quand ils étaient gosses, donc il y avait déjà un terrain commun.
Mon intérêt, c'est de faire sortir le roller de son image de niche, de l'amener vers ce lifestyle plus large. Des valeurs qu'on partage des deux côtés, cet esprit de jeunes entrepreneurs sérieux mais riders. Je pense que Morex se retrouve aussi dans ce que je reflète.

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